L'exonération d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales sur les pourboires devait s'arrêter fin 2025. Elle a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2028par l'article 5 de la loi de finances pour 2026. Pour un établissement qui hésitait à s'équiper, c'est trois ans de visibilité au lieu de douze mois.
Ce que dit le texte
Le dispositif est né avec la loi de finances pour 2022, dans un contexte de difficultés de recrutement dans l'hôtellerie-restauration. Il a été reconduit par les lois de finances pour 2024 et 2025, puis prolongé de trois ans d'un coup par celle pour 2026 — la première fois qu'il dépasse l'horizon annuel.
Le principe est simple : les pourboires remis volontairement par les clients aux salariés en contact avec la clientèle sont exonérés de cotisations et contributions sociales, et d'impôt sur le revenu.
Les deux conditions
Le pourboire doit être volontaire.Une somme imposée, un pourcentage automatique ajouté à l'addition ou un service compris ne relèvent pas du dispositif. C'est un don du client, pas un élément de tarif.
Le salarié doit gagner moins de 1,6 SMIC.L'exonération de cotisations vise les rémunérations qui n'excèdent pas, sur les mois concernés, le plafond ouvrant droit à la réduction générale de cotisations patronales. Un chef de rang au SMIC est concerné ; un directeur de salle bien payé ne l'est plus. Le salarié doit également être en contact avec la clientèle.
Espèces ou carte, le texte ne distingue pas
C'est le point que beaucoup d'exploitants ignorent : le dispositif ne fait pas de différence entre un billet laissé sur la table et un pourboire versé par carte. Ce qui compte est la nature de la somme — volontaire, destinée au personnel — pas son support.
L'enjeu est devenu concret : la carte a dépassé les espèces dans les paiements des Français, et la proportion est bien plus élevée encore en café et en restaurant. Un établissement qui n'offre aucun moyen de laisser un pourboire autrement qu'en liquide prive de fait son équipe du dispositif.
Pourquoi c'est un argument de rétention, pas un gadget
Le calcul qui intéresse un exploitant est celui-ci. Pour augmenter le net perçu d'un salarié de 100 €, il faut engager de l'ordre de 180 à 200 € une fois les cotisations patronales et salariales et l'impôt pris en compte. Par le pourboire exonéré, 100 € versés par un client arrivent à 100 € — et surtout, ils ne sortent pas de la trésorerie de l'entreprise.
Dans un secteur où le recrutement est la difficulté numéro un, c'est un des rares leviers de rémunération dont le coût employeur est nul. Cela ne remplace pas une politique salariale, mais cela s'y ajoute sans rien coûter.
Ce que ça ne dispense pas de faire
Exonéré ne veut pas dire hors des radars. Selon le circuit d'encaissement, les sommes peuvent devoir être identifiées et déclarées, même lorsqu'aucune cotisation n'est due. Le traitement diffère nettement selon que le pourboire transite par l'entreprise ou va directement au bénéficiaire.
C'est le sujet du guide sur la déclaration des pourboires. Dans tous les cas, faites valider le paramétrage de paie par votre expert-comptable : cette page décrit un cadre général, pas votre situation.
Une échéance à garder en tête
Le 31 décembre 2028 n'est pas une date marketing, c'est la borne inscrite dans le texte. Elle pourra être repoussée une nouvelle fois — elle l'a été quatre fois — mais rien ne le garantit. Les établissements qui s'équipent maintenant profitent du dispositif sur toute sa durée restante.